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Joseph Caillaux

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Joseph Caillaux, fils d'Eugène Caillaux, homme politique conservateur, est né au Mans, en France, le 30 mars 1863. Après avoir obtenu une licence en droit en 1886, il entre au ministère des Finances en tant qu'inspecteur adjoint.

Membre du Parti radical républicain, Caillaux est élu à la Chambre des députés par 12 929 voix contre 11 737. Après avoir acquis une réputation d'expert en matière économique, il est nommé ministre des Finances en 1899, poste qu'il occupe jusqu'en 1902.

En 1906, Caillaux revient au gouvernement lorsque Georges Clemenceau, premier ministre du gouvernement républicain radical, le nomme ministre des Finances. Caillaux a introduit plusieurs réformes importantes mais a échoué dans sa tentative d'établir un système d'impôt sur le revenu.

En 1907, Joseph Caillaux entame une liaison avec Henriette Claretie, une femme mariée et mère de deux jeunes enfants. En 1908, Henriette divorce de son mari, Léo Claretie mais Caillaux reste marié à sa femme.

Le 27 juin 1911, Caillaux devient premier ministre. Tout en occupant ce poste, il a bouleversé un grand nombre de personnes en France en faisant des concessions territoriales à la colonie allemande du Cameroun. Caillaux, qui tentait d'empêcher une guerre au Maroc. Caillaux a favorisé une politique de conciliation avec l'Allemagne et cela a créé beaucoup de controverse. Il fit également scandale en divorçant de sa femme et en épousant Henriette en octobre 1911. Caillaux et ses ministres furent contraints de démissionner le 11 janvier 1912, après qu'il fut révélé qu'il avait négocié secrètement avec l'Allemagne à l'insu du Président.

Caillaux est resté impopulaire auprès des forces conservatrices en France en raison de ses opinions sur la fiscalité progressive. Il a également été accusé d'être un pacifiste en 1913 lorsqu'il s'est opposé à une extension de la conscription. Cela a entraîné une campagne de presse contre Caillaux. Il a ensuite été affirmé que deux des rivaux politiques de Callaux, Louis Barthou et Raymond Poincaré, avaient organisé cette attaque. Le bruit courait que Gaston Calmette, le rédacteur en chef de Le Figaro, avait obtenu quelques lettres d'amour envoyées par Henriette à Caillaux, alors qu'il était encore marié à sa première femme, et avait l'intention de les publier dans son journal.

Le 13 mars 1914, Calmette publie une lettre intime que Joseph Caillaux avait écrite treize ans plus tôt à Berthe Gueydan, la maîtresse qui deviendra plus tard sa première épouse. Henriette est convaincue qu'il publiera désormais ses lettres à Caillaux. Trois jours plus tard, Henriette est allée rendre visite à Calmette dans son bureau à Paris. Elle a demandé : « Vous savez pourquoi je suis venue ? Calmette répondit : "Pas du tout, Madame". Comme Edward Berenson, l'auteur de Le Procès de Madame Caillaux (1992) a souligné : « Sans un mot, Henriette retira sa main droite de la masse de fourrure qui la protégeait. Dans son poing se trouvait une petite arme, un Browning automatique. Six coups se succédèrent rapidement, et Calmette tomba au sol serrant son abdomen."

Le procès d'Henriette Caillaux eut lieu en juillet 1914. On prétendait que les journalistes avaient payé jusqu'à 200 $ pour leur place dans la salle d'audience. Les journalistes qui ont couvert l'affaire comprenaient Walter Duranty, Wythe Williams et Alexander Woollcott. Henriette a été défendue en justice par Fernand Labori qui avait auparavant défendu Emile Zola et Alfred Dreyfus.

Selon Herbert Mitgang du New York Times: « Le témoignage d'Henriette Caillaux oscillait entre images littéraires et images scientifiques. Il était destiné à faire d'elle une héroïne aux émotions incontrôlables pour le jury, et une victime de lois déterministes pour les experts. La littérature rendait sympathique une femme aux passions incontrôlables, même séduisante; la psychologie criminelle l'a placée hors la loi. Après un procès de sept jours devant la cour d'assises de Paris, Henriette Caillaux est sortie libre. En moins d'une heure de délibérations, le jury composé exclusivement d'hommes a décidé que l'homicide avait été commis sans préméditation ni intention criminelle. Les jurés ont accepté son témoignage selon lequel, lorsqu'elle a appuyé sur la gâchette, elle a été temporairement victime (comme l'a dit son avocat) passions féminines débridées."

Joseph Caillaux revient désormais en politique et mène l'opposition contre l'implication de la France dans la Première Guerre mondiale. Caillaux a travaillé dur pour parvenir à une paix négociée. En novembre 1917, George Clemenceau devient premier ministre. Il a immédiatement réprimé la dissidence et Caillaux et Louis Malvy, un autre haut responsable politique opposé à la guerre, ont tous deux été arrêtés pour trahison. Caillaux fut finalement jugé en 1920. Bien qu'acquitté de l'accusation de trahison, il fut condamné pour correspondance avec l'Allemagne pendant la guerre et banni de France et privé de ses droits civiques pendant dix ans.

Après une amnistie en juillet 1924, Caillaux est nommé par Paul Painlevé au poste de ministre des Finances. Il a également occupé brièvement ce poste en 1935. Trois ans plus tard, Caillaux a soutenu Edouard Daladier dans ses tentatives de négocier un accord avec Adolf Hitler. Après l'échec de l'apaisement, il se retire de la politique et refuse de devenir membre du gouvernement de Vichy.

Joseph Caillaux décède à Mamers le 22 novembre 1944.

Ici, aucune affaire n'aurait pu nécessiter les services de détectives d'Hercule Poirot ou de l'inspecteur Maigret. La femme du monde tenait un pistolet fumant à la main et n'a jamais nié avoir commis l'acte. Il s'agissait d'un meurtre de sang-froid, passible en droit français de la réclusion à perpétuité, voire de la mort.

Henriette Caillaux a tiré sur le rédacteur en chef parce qu'il avait mené une campagne de diffamation contre son mari, Joseph, un riche ancien Premier ministre affilié au Parti radical de centre-gauche. Ou son mobile était-il plutôt une affaire de cœur familière ? Elle avait été une des maîtresses de Joseph Caillaux ; c'était un second mariage pour tous les deux. Les Figaro éditeur, un ennemi politique de droite, avait enfreint une règle parisienne tacite en publiant une lettre d'amour écrite à la maîtresse d'un gentleman. Joseph Caillaux, un boulevardier notoire, avait envoyé la lettre 13 ans avant le procès à une autre femme, qui devint plus tard sa première épouse, et elle avait été divulguée à Figaro.

Les mœurs politiques et sociales, le code napoléonien qui discrimine légalement les femmes et la vénalité de la presse se rejoignent dans l'affaire Caillaux.

Son célèbre avocat, Fernand Labori, avait représenté Emile Zola et défendu avec succès le capitaine Alfred Dreyfus contre de fausses accusations de trahison dans la tristement célèbre affaire antisémite Dreyfus. Dans sa défense habile à la barre des témoins, Henriette Caillaux a souligné deux points. Elle évoquait l'idée romantique et idéalisée que les femmes étaient gouvernées par leurs passions ; le sien était simplement un « crime passionnel ». Elle a également utilisé un nouveau langage scientifique qui mettait l'accent sur le système nerveux et l'inconscient.

Le témoignage d'Henriette Caillaux oscille entre images littéraires et images scientifiques. La littérature rendait sympathique, séduisante même une femme aux passions incontrôlables ; la psychologie criminelle l'a placée hors de la loi.

Après sept jours de procès devant la cour d'assises de Paris, Henriette Caillaux est sortie libre. Les jurés ont accepté son témoignage selon lequel lorsqu'elle a appuyé sur la gâchette, elle était une victime temporaire (comme l'a dit son avocat) "des passions féminines débridées".

En fouillant profondément dans les transcriptions de l'affaire et dans les dossiers des journaux, M. Berenson, professeur d'histoire à l'Université de Californie à Los Angeles, a déterré et reconstitué une histoire très lisible qui touche à de nombreux aspects de la vie pendant la soi-disant Belle Epoque en France.

En vertu d'un article infâme du Code Napoléon de 1804, "Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari". L'auteur souligne que les attitudes françaises envers les femmes ont été une partie importante du procès et de sa couverture dans la presse. Décrivant les illustrations de journaux, le professeur Berenson écrit : "Mme Caillaux se distingue nettement comme une femme seule parlant à une mer de visages masculins moustachus, comme une femme soumise à leur regard, ouverte à leur examen minutieux."

Allant au-delà du procès lui-même - et donnant à son livre une tournure féministe moderne - le professeur Berenson note qu'à la Belle Epoque, les hommes revendiquaient l'existence de différences naturelles et hiérarchiques entre les sexes. Après la défaite de la France face à la Prusse en 1870, certains commentateurs ont attribué le déclin de la puissance française à la décadence morale et à l'évolution des relations entre les sexes. L'auteur dit que ces commentateurs attribuent les faiblesses de la France à l'émancipation des femmes, à la légalisation du divorce et à l'émasculation des hommes.

Ce qui distingue "Le Procès de Mme Caillaux", c'est son portrait de la société avant que les canons d'août 1914 ne détruisent les illusions de la Belle Epoque. Dans un épilogue, le professeur Berenson écrit que la Première Guerre mondiale a donné aux femmes d'importantes responsabilités sur le front intérieur et une plus grande reconnaissance. Néanmoins, il a fallu une seconde guerre mondiale avant que les femmes françaises obtiennent le droit de vote.


Voir la vidéo: Premiers ministres francais: Joseph Caillaux (Mai 2022).

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